Nous sommes en 2010 et notre siècle a déjà dix ans ! Souvenons nous de là où nous étions il y a 10 ans ! Quelles étaient nos préoccupations ? Nos centres d’intérêts, nos craintes, nos peurs, nos projets ?
Je vous présente mes voeux, non pas sous le signe de la sinistrose, mais sous le signe de la conscience. Peut être que comme des enfants turbulents, nous avons profité de notre toute puissance depuis le début de ces trente glorieuses, pour revenir à des considérations plus… responsables… maintenant que nous sommes confrontés à ces nouvelles réalités du changement climatique et de la finitude des énergies fossiles !
Je vous souhaite une bonne année sous le signe de la conscience parce qu’à toujours écouter ce que nous rabâchent les médias et ce que nous matraquent les publicités il y a de quoi ne plus reconnaître la saveur d’une promenade dans un sous-bois juste après la pluie : courir, courir et pourquoi courir, zapper, acheter frénétiquement pour revendre sur Ebay ou dans des vides-greniers au dixième du prix ?
Alors, sortons de la dualité et de notre rôle de passifs cerveaux disponibles et prenons un peu de recul : Copenhague est un quasi échec vu du côté des ONG, des militants et de la ménagère de moins de cinquante ans qui fait son marché chez Biocoop… On nous avait annoncé le grand soir et la montagne a accouchée d’une souris…
C’est vrai que les limites du volontarisme ont été atteinte face au pragmatisme américain et chinois. Le jeu de rôle tenu par l’Europe encore empêtrée dans la complexité de ses institutions aura-t-il un effet bénéfique ? La modification considérable des rapports de forces géopolitiques se profilant entre les blocs, les régions du monde et les Etats est telle que vouloir conserver dans ces négociations mondiales le rythme frénétique du zapping apparaît comme une erreur de stratégie a postériori : on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif ou qui ne comprend pas que s’il ne boit pas maintenant il n’aura plus de chances de boire après !
Même si cela semble évident pour les uns, le “il faut” en analyse comportementale ne peut avoir que deux issues majeures : soit des personnes qui suivent sans savoir pourquoi elles suivent, soit des personnes qui sentent qu’on cherche à leur imposer quelque chose qu’elles n’ont pas choisi et qui génère chez elles une réaction pure et simple de rejet !
D’un autre côté, aucun dirigeant politique aux affaires en 2010 ne peut plus se permettre d’ignorer le changement climatique et la finitude annoncée des énergies fossiles et fissiles : tant dans sa politique intérieure que dans ses approvisionnements énergétiques, ses exportations, ses productions nationales…Sa responsabilité de stratège sera désormais aussi engagée sur ce terrain, pas le moindre !
Même si ces dirigeants politiques se laissent influencer par certains lobbies (celui de l’énergie électrique en France démontre chaque jour un peu plus son immaturité à envisager une stratégie de très long terme diversifiant avec une vraie volonté politique ses sources de productions), la tendance est là, inexorable et qui va, comme les analystes financiers la nomment, se développer, pour les plus audacieux des acteurs en club de golf : on part presque à plat pendant peu de temps, et puis on monte d’un coup presque à la verticale. Mais là encore, le manque d’audace fait que les suiveurs n’auront que des miettes. On l’a déjà vu pour les éoliennes et les panneaux photo-voltaiques, la suite n’est pas vraiment réjouissante pour notre industrie.
Nous devons collectivement assumer le fait que le monde dans lequel nous vivons est plus constitué de gestionnaires, de suiveurs et d’experts du rapport de force conservateur, que de visionnaires, d’entrepreneurs, de philosophes en rupture, de créateurs à la fois audacieux et conscients ! N’avons nous pas individuellement une petite responsabilité sur ce sujet ? La culture française dans laquelle nous avons grandi où l’attente de la becquée qui vient de l’Etat est instaurée en système, alors même que cet Etat n’a pas le courage de dire qu’il ne peut plus, ou quand il l’a, préfère garder une attitude schizophrène d’affirmer qu’il change et de continuer à faire comme si de rien n’était sur le terrain…
Malgré tout, je reste résolument optimiste. Souvenez-vous des sujets débattus dans les médias il y a pile dix ans ? Ne trouvez-vous pas fantastique que la finitude des énergies fossiles, les changements climatiques, la biodiversité, le co-développement… viennent s’inviter à la table des enjeux planétaires comme ils le sont aujourd’hui, même si encore bien malmenés ?
Sauf que… la traduction de ces sujets qui ont été portés depuis le premier choc pétrolier par des militants de la première heure, des enragés de la conscience et de la vision holistique, des iconoclastes libertaires bravant des interdits réactionnaires (façonnés en lois iniques) se déroule sous nos yeux dans la logique du marché, dans la continuation du “toujours plus de la même chose”, celui même qui a présidé au règne fou du capitalisme financier qui nous conduit à la situation actuelle…
Le bilan de ces deux dernières années peut se lire sous le signe du : “On” cherche à faire de ces sujets des sources rentables de business ! Solaire, éolien, transports… Les capital risker qui ont financé la révolution des technologies de l’information et de la communication ont trouvé mieux que les biotech et viennent massivement sur les greentech. On a rêvé de voir toutes les voitures électriques, les transports en communs et le fret revalorisé et utilisé, et maintenant cela arrive en masse, mais à la vitesse des projets industriels : un rythme qui n’a rien avoir avec la frénésie de “l’actu” et des effets d’annonces ! Alors que nous sommes tous sevrés d’instantanéité, alors que j’entends partout que rien n’avance, que ce Grenelle et ses mesures, c’est de la foutaise…, tous ces retours démontrent et ne sont que le signe de notre addiction à l’information et à la manipulation de nos cerveaux passifs et disponibles !
Sauf que… dans les étapes comportementales constatées chez toute personne apprenant la langue du développement durable, après la phase de déni (tout-ça-c’est-des-conneries), puis de dénigrement (à-quoi-ça-sert-qu’on-le-fasse-si-les-chinois-qui-sont-1-milliard-ne-le-font-pas-?), chacun ou presque est passé ensuite par la phase de schizophrénie où ses décisions continuent d’aller dans le mauvais sens, alors que ses conceptions philosophiques et existentielles évoluent et les conduisent dans l’autre… chacun ou presque qui résiste toujours va un jour jeter une canette dans le mauvais container et va regarder autour si on ne l’a pas observé… Et enfin – d’expérience vécue – chacun ou presque qui débouche un jour sur l’attitude vertueuse et responsable où les idées, les pensées, les décisions et les actions deviennent cohérentes et responsables en tenant compte de l’existence de toutes ses parties prenantes !
Alors, il faudra encore supporter qu’autant de nouveaux produits et tant d’innovations si déroutante et inespérées ne répondent que partiellement aux exigences qu’imposent ces nouvelles réalités et ces finitudes… Attendre que la main droite de ces industriels parvienne à parler avec leur main gauche…
Edgard Morin évoquait l’autre jour dans Le Monde la rencontre de notre civilisation avec le principe de sa métamorphose. En continuant la métaphore, pourrait-on croire que la chenille qui subit cette transformation parvient à rester consciente pendant toute la durée du processus de métamorphose la faisant devenir papillon ? Cette idée, si elle était vraie, viendrait en contradiction avec l’aventure spirituelle du lâcher prise que toutes les Traditions décrivent comme l’abandon du vieil homme… C’est si difficile à réaliser pour soi, alors parviendrons nous collectivement à le réaliser ? Car lâcher prise, cela signifie qu’à un moment donné nous devons accepter de ne plus contrôler ou gérer notre environnement pour oser bouger de nos repères habituels ; abandonner ce que nous avons et oser aller vers qui nous sommes : alors la chenille qui rampait péniblement sur le sol découvre la joie de voler où bon lui semble, libre !
Derrière ces idées, j’entends soutenir l’idée que c’est :
- dans la créativité,
- dans la souplesse,
- dans l’audace consciente et située, tout comme le pilote d’avion doit en permanence se situer pendant son vol (d’ou je viens, où je vais, qu’est ce que je viens de faire, qu’est ce que je dois faire…),
- dans la co-construction à plusieurs rassemblant nos expertises, nos savoirs, nos expériences,
que nous pouvons comme des abeilles apporter chaque jour une petite pierre à notre édifice : que ce soit notre activité professionnelle, notre entreprise ou nos entreprises devrais-je dire en incluant tous les projets qui émaillent nos vies.
Copenhague reste historique car les jeux politiques et géopolitiques – au bout de deux ans de préparation et d’une semaine de débat finaux ont considérablement affaibli l’ambition écologique initiale – se retrouvent néanmoins contraints par la réalité du changement climatique et de la fin programmée des énergies fossiles. Aucune décision politique consciente ne pourra plus se prendre en faisant fi de ces nouvelles contraintes et enjeux ! Et là, Kyoto, les 3 vingts du Conseil Européen de 2008, notre modeste Grenelle, affaibli par nos conservatismes, et maintenant Copenhague seront lus dans dix ans comme les étapes allant s’accélérant vers des actions mondiales et concertées ! Voilà où je crois que nous mènent nos métamorphoses personnelles et celle de ce monde en mouvement que nous aimons et que nous chérissons !
Ma modeste proposition pour 2010 est la suivante : lorsqu’on ne sait pas dans quelle direction il faut aller pour ne pas se tromper, il y en a toujours une qui reste juste. Se demander si en imaginant que nous devions subir les conséquences des actions que nous nous apprêtons à décider, nous les accepterions ou pas !
Alors bonne et heureuse année ?
Et bonne conscience !
Filed under: Décodage d'informations, Le développement durable en actions, Les facteurs humains dans le développement durable, Les outils qui changent votre monde, Uncategorized Tagué: | conscience, Copenhague, décideurs, Grenelle, hommes politiques, stratégie
jolie site,article exelent, et super projet ,avec, utilité, infos actuelles, provoque des reflexitions nescesaire…
danxalot!
greenthings,
eSteven, Mantet
Merci !
En plus si ces quelques idées peuvent aider alors le but de ce site est atteint…